Agro-reporter 2018 au Brésil

Margot CLARYS de l'Istom nous emmène au Brésil

RESUME « Les SCV au Brésil » par Margot CLARYS

Dans le cadre de la bourse agro-reporter en partenariat avec l’association française d’agronomie

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Le Brésil est l'un des leaders des exportations de produits issus de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire.
Depuis  une  vingtaine  d’années,  le  pays  a  connu  une  croissance  régulière  de  ses  exportations  agricoles.  Cette réussite  dans  le  domaine  de  l'agro-négoce  s'explique  principalement  par  les  importants  gains  de  productivité enregistrés dans le secteur de l'agriculture au cours des dernières années.


Les exploitations agricoles brésiliennes dédiées aux cultures de rente ont un profil très similaire. Les producteurs travaillent  principalement  en  alternant  soja  et  maïs.  Ainsi,  ce  sont  des  systèmes  où  les  rotations  de  cultures n’existent quasiment pas, ce qui finit  par apporter toute une série de préjudices pour le sol.  Au Brésil, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles, avec une érosion multipliée par quatre lors des cinquante dernières années, et des pertes atteignant aujourd'hui 3 milliards de tonnes de terres par an. Le mode d’agriculture actuel y est pour beaucoup.  La mise en place de systèmes de cultures alternatifs à l’agriculture conventionnelle est une nécessité afin de conserver et de restaurer la fertilité des terres agricoles au Brésil.


La fazenda Santo Izidoro a compris que l’agriculture conventionnelle brésilienne n’est pas durable, c’est pourquoi elle met en place une agriculture écologiquement intensive avec pour objectif d’utiliser des plantes plutôt que des outils mécaniques ou des intrants chimiques de synthèse.


Les systèmes de cultures en semis direct sur couverture végétale (SCV) constituent une approche de l’agriculture qui permet d’atteindre des performances économiques, sociales et environnementales de haut niveau. Les SCV utilisent des plantes aux services des cultures. On choisit ces plantes de couverture pour leur biomasse au -dessus du sol mais aussi et surtout pour leur système racinaire. Elles permettent l’arrêt de l’érosion, l’amélioration de la fertilité des sols et la stabilisation voire l’augmentation des rendements, ainsi que la réduction de la consommation des carburants ou la baisse du besoin en main d’œuvre. Grâce aux travaux du CIRAD et notamment de Lucien Séguy,  les  SCV  ont  été  adaptés  aux  conditions  socio-économiques  et  agro-climatiques  du  Brésil,  et  ont  étés développés en coopération avec l’entreprise brésilienne de recherche agronomique (EMBRAPA).
Il existe en effet des mouvements d’agriculteurs encore localisés qui commencent à ouvrir les yeux et à mettre en place des innovations pour travailler avec une agriculture plus écologiquement intensive, en utilisant des plantes de couverture végétale.