Débats lors des AG


Position publique de l'Afa pour la loi d'avenir agricole - mars 2013

Position publique adoptée par l'assemblée générale de l'Association française d'agronomie lors de sa séance du 22 mars 2013 et transmise à Monsieur le Ministre en charge de l'agriculture

   

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Variétés et systèmes de culture : quelle co-évolution ? Quelles implications pour l’agronomie et la génétique ? (mars 2013)

Ce débat agronomique de l’Afa a eu lieu le vendredi 22 mars après midi, suite à l'Assemblée Générale. 

Une plus grande place sera accordée aux échanges entre adhérents en matinée avec des ateliers 

et un débat l'après-midi sur « Variétés et systèmes de culture : quelle co-évolution ? Quelles implications pour l’agronomie et la génétique ? ». Télécharger le programme (mise à jour 15 mars)

 

Compte rendu en cours 

   

Débat agronomique de l'Afa

 

Variétés et systèmes de culture : quelle co-évolution ? Quelles implications pour l’agronomie et la génétique ? 

Le raisonnement de l'évolution des systèmes de culture est au cœur de l'agronomie. Il repose sur des connaissances relatives au fonctionnement des agro-écosystèmes, des méthodes pour concevoir des systèmes répondant à de nouveaux enjeux, des outils pour piloter ces systèmes de culture en fonction d'objectifs variés. Il repose également sur l'évaluation de leurs performances, permettant de raisonner leur insertion dans des systèmes englobants (exploitation agricole, filières, territoires...) et de réfléchir les politiques publiques susceptibles d'en infléchir les trajectoires d'évolution.

Le choix variétal est un élément essentiel du système de culture. Pendant plusieurs décennies, il est apparu une synergie de fait, sinon concertée, entre l'évolution du choix variétal et l'évolution des systèmes de culture, dont les éléments caractéristiques sont les suivants : potentiel de rendement plus élevé des variétés en conditions peu limitantes, et raisonnement de la conduite des peuplements cultivés fondé sur une diminution de la taille des plantes, l’augmentation de la capture du rayonnement lumineux et des facteurs de croissance grâce à une réduction des facteurs limitants. Ce système variété/conduite a été développé de manière assez généralisée, en particulier pour les grandes cultures, en tenant toutefois compte des différences de potentialités régionales.

Au cours des vingt dernières années, les objectifs assignés aux systèmes de culture ont évolué, en intégrant notamment des finalités de qualité renouvelées ou retrouvées, et progressivement davantage de finalités de nature environnementale (qu'il s'agisse de respect de normes comme celles relatives à la qualité des masses d'eau, à l’entretien de la biodiversité, ou de services positifs rendus par les systèmes comme le stockage de carbone). Parallèlement la génétique, contributrice de l'amélioration des plantes et du choix variétal, a évolué. Comme traits caractéristiques on peut noter d'une part une augmentation des connaissances en biologie végétale et technologiques permettant la caractérisation des variétés et la prédiction de leur comportement (phénotypage) ; et d'autre part un renouvellement du point de vue porté sur les caractéristiques normatives des variétés (distinction, homogénéité, stabilité), fondé sur des connaissances en génétique des populations et en écologie, et articulé avec un renouvellement des méthodes de sélection (intérêt pour la sélection participative).

Au cours de débat, on souhaite aborder notamment les questions suivantes.

- Compte tenu des objectifs assignés aux systèmes de culture, que sait-on de ce que peuvent apporter les variétés ? Il s'agit là de discuter des objectifs de sélection en rapport avec les finalités des systèmes de culture. Quelles sont les gammes de variation existantes pour différents critères de performance (productivité, qualité, résistance aux bioagresseurs, qualité liée au procédé de transformation ou à la conservation, efficience d'utilisation des facteurs), et pour différentes combinaisons de ces critères ? En quoi et jusqu'où l'empilement de critères dans un même génotype est-il possible ? En quoi les perspectives sont-elles différentes si on raisonne à l'échelle d'un pays ou à l'échelle d'un terroir ?

- Quels degrés de liberté supplémentaires pour atteindre des objectifs sont-ils offerts par la meilleure connaissance de ce que sont les Interactions Génotype x Environnement x Conduite (IGEC) ? On sait que les travaux sur les IGEC se sont développés au cours des quinze dernières années. Présentent-elles des limites biologiques ? Quels avantages et inconvénients leur prise en compte dans le choix des variétés et des systèmes de culture présente-t-elle sur les plans techniques, organisationnels, économiques ? Leur intégration dans les modèles de culture utilisés pour concevoir des systèmes de culture est-elle une perspective ?

- En quoi les nouvelles connaissances biologiques appuyées sur des développements technologiques offrent-elles de nouvelles perspectives de sélection valorisables pour une évolution des systèmes de culture ? Il s'agit d'identifier si les nouvelles connaissances biologiques, au-delà de leur intérêt pour la sélection, permettent d'entrevoir des moyens de lever certains verrous dans les systèmes de culture (grâce notamment à une meilleure résistance à des stress biotiques ou abiotiques permettant de décaler des cycles de culture, de modifier des densités de plantation, etc.).

- Le raisonnement spatio-temporel de la diversité génétique offre-t-il des opportunités compatibles avec la gestion des systèmes de culture et des filières ? Le raisonnement d'une plus grande diversité génétique à différentes échelles spatiales (parcellaire, sur des territoires de différentes tailles) semble être un moyen d'amplifier par des effets synergiques ce que portent une à une les variétés (particulièrement dans le cadre de la résistance aux maladies). Par ailleurs c'est à des échelles locales que se développent les pratiques de sélection participative, qui peuvent être un moyen de mieux intégrer les savoirs locaux et les savoirs scientifiques dans la production d'une diversité génétique. Dans un raisonnement spatio-temporel de la diversité génétique, que deviennent les IGEC ? Existe-t-il des obstacles techniques ou organisationnels de mise en œuvre de cette diversité, et si oui comment les dépasser ? Existe-t-il des limites spatiales et organisationnelles à une sélection participative, et à l'atteinte de ses objectifs ?

L'objectif du débat sera de réfléchir entre agronomes et généticiens sur ces questions, en balayant la gamme des préoccupations que peuvent être celles des différents métiers d'agronomes ; il s'agit de l'ouverture d'un débat, non de sa clôture.

L'organisation sera la suivante :

Temps 1 : Deux interventions conjointes agronome/généticien sur deux filières, traitant des questions 1 à 3 sur chacune des filières (céréales et tomate).

Temps 2 : Un échange sur la question 4, entre participants de différents métiers (chercheur agronome, sélectionneur, agriculteur, responsable de coopérative...).

 


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